Hélène Labarrière & Hasse Poulsen

Duo "Busking"

Hélène Labarrière I contrebasse
Hasse Poulsen I guitare

Dans l’imaginaire de la terre et du désert : être plusieurs. Jouer les souvenirs, les expressions et les déviations. Faire de l’œil à l’humanité. Parler au cœur, c’est-à-dire au centre de toute chose. Parler sans paroles et parler la langue des échos. Partager des images non formulées que l’on fait glisser les unes contre les autres. Se suivre dans la dérobade.
Entrer par le toucher, dans la mémoire de notes singulières, par la trappe des choses simples. Ralentir le temps…
On a tous un panel de chansons qui nous révèle : celles du bal et de la radio, celles refuges, celles des autres.(la multitude de notes et de sons que l’on recherche encore et encore) Ces rendez-vous sont des repères dans l’existence, comme l’endroit où deux musiciens posent leurs doigts sur les cordes. Ce qui retient leur attention, cette manière de faire corps avec : c’est le moment où ce qui est au-dehors devient intérieur.
Hélène Labarrière et Hasse Poulsen sont drôles, dans la finesse des choses. Ils sont un peu sombres aussi, mais tout est libre, tout est soupesé. Amené. L’interprétation n’est-elle pas un désir ?
Ecoutez comme ils séduisent à merveille ce bel inconnu-très connu que l’on appelle, dans la rue, « mélodie ».
Cecile Camil

Busking

Résidence de création du 25 au 29 janvier 2021 avec le soutien de la DRAC Bourgogne-Franche-Comté.

Sortie de résidence le vendredi 29 janvier en soirée à La frat’.

Hélène Labarrière

www.helene-labarriere.com

« Contrebassiste extraordinaire d’engagement physique et d’intelligence musicale instantanée, Hélène Labarrière, véritable force motrice de la formation, invente une musique sensuelle et lyrique, jouant avec une grande virtuosité d’écriture entre la spontanéité du geste hérité du free jazz et un réseau savant de cadres mouvants, offrant des perspectives toujours changeantes à l’improvisation. Le versant intime d’une des grandes dames du jazz européen. »

(Source – www.crjbourgogne.org)

Hasse Poulsen

www.poulsen.fr

Guitariste, improvisateur, compositeur, chanteur-auteur né en 1965 au Danemark d’une mère anglaise et un père danois, Hasse Poulsen a commencé les études musicales à 9 ans en jouant du violon. Il est installé en France depuis 1997.
Il a dirigé les groupes Sound of Choice entre 1991 et 2012, le quintet Progressive Patriots (Guillaume Orti, Stéphane Payen, Henrik Simonsen, Tom Rainey) depuis 2008 et The Langston Project (Debbie Cameron, Luc, Ex, Mark Sanders) depuis 2013.
Il co-dirige Das Kapital (Daniel Erdmann, Edward Perraud) depuis 2002, SighFire (Peter Corser, Johan Dalgaard) depuis 2015, Paul & Us ! (avec Fabien Duscombs) et Asunder avec Paul Dunmall et Mark Sanders.
Il joue également dans Hélène Labarrière Quartet (François Corneloup, Christophe Marguet), Frizione sextet (Romano Pratesi, Glenn Ferris, Stephan Oliva, Claude Tchamitchian, Christophe Marguet. Entre 2002 et 2008, il a été membre de Napolis Walls et Big Napoli de Louis Sclavis.

Busking, c’est faire la manche dans la rue en jouant de la musique. Ça vient d’un vieux mot latin qui a donné busquer en ancien français. Busquer signifie chercher fortune. On retombe bien sur nos pattes. Hélène Labarrière, contrebassiste mélodiste et Hasse Poulsen, guitariste percutant sont dans cette optique, celle de courir le magot. Et il est dans chacun des morceaux de ce disque, le magot !
Car ces reprises de chansons connues, entêtantes parfois, sont des petits trésors d’inventivité et de délicatesse. Tout ce qui brille n’est pas de l’or, mais avec un peu d’humour et beaucoup de liberté, on peut faire passer des vieilles rengaines pour des ritournelles inédites. Leur machine à tubes a donc déstructuré / restructuré les chansons de Leonard Cohen, Stromae, Michel Berger, Lennon-McCartney, Dylan, Feist… Et l’on assiste à un ballet sobre et mécanique, entre la guitare et la basse, qui délicatement assurent le thème et l’accompagnement, à tour de rôle. Quelques instants on croit entendre une simple mélodie, une chanson comme une autre, mais déjà, les crissements, les attaques, les dérives, les envolées ne laissent aucun doute sur la nature improvisée de ces arrangements.
« Lucy in the Sky With Diamonds » est le prétexte à un trip électroacoustique éthéré en parfaite concordance des temps avec l’original. « Formidable » est proprement dynamité et les vagues lambeaux de mélodies retombent en cendres. Quant à « Les uns contre les autres », on prend conscience (puisque les bêlements paroliers sont absents) de la beauté de cette mélodie-là.
Contrebasse et guitare, ça demande de grands étuis, Poulsen et Labarrière y récoltent une fortune sonnante et trébuchante en busquant ainsi !

par Matthieu Jouan pour Citizen Jazz // Publié le 20 mars 2016