AUTRE S FAUTEUIL S

Laurent Goldring

SAM. 7 Mars à 20h30

Danse

Cette création s’inscrit dans le cadre de la participation de Laurent Goldring à l’exposition « Dancing Machine » au Fonds régional d’art contemporain de Franche-Comté et bénéficie du soutien de la DRAC Bourgogne-Franche-Comté.

AUTRE S FAUTEUIL S

Conception, chorégraphie / Laurent GOLDRING
Distribution en cours

AUTRE S FAUTEUIL S prolonge l’expérience des spectacles-expositions commencée avec FAUTEUILS.
La pièce est inspirée par la révolution en peinture commencée avec Manet et par la prolifération de fauteuils qui l’accompagne où ce meuble s’impose comme motif central pour les expérimentations sur la perspective, à mi-chemin entre le traitement des corps qu’il contient et celui de l’espace alentour.

AUTRE S FAUTEUIL S est conçu à la fois comme un spectacle et comme une exposition où trois solos se déroulent dans trois fauteuils, sans jamais en sortir, comme trois sculptures sur socles. D’autres éléments, à la fois chorégraphiques et plastiques, se trouvent sur la scène que les spectateurs sont libres d’investir, pour y circuler comme dans une galerie, à moins qu’ils ne préfèrent s’installer dans les gradins comme pour un spectacle.

AUTRE S FAUTEUIL S est une expérience qui questionne la différence entre ces deux conceptions du regard.

www.galeriemaubert.com/fr/artistes/goldring-laurent

  • sam. 07 Mar. - 20h30

au théâtre de la MdP
entrée 10/8/5 €
spectacle-exposition
tout public à partir de 12 ans
durée 50 mn.

Laurent Goldring est né en 1957 à Paris où il vit et travaille. Après des études de philosophie, il s’oriente vers un travail artistique photographique et vidéo en lien avec le monde de la danse et collabore à des créations chorégraphiques.
La matière première du travail de Laurent Goldring est le corps qu’il modèle et réduit à l’état de forme sculpturale, dénué de tout signifiant. Dans un cadre serré, Laurent Goldring photographie et filme, en noir et blanc, un ou plusieurs corps dénudés, contorsionnés dans des postures inhabituelles, esquissant des mouvements incongrus. Ces mouvements sont infimes : contraction d’un muscle ou légère torsion d’un membre. Le cadrage et la fixité du plan ainsi que les positions adoptées par les modèles retirent au corps ses caractéristiques élémentaires qui permettraient d’identifier immédiatement un être humain, et, d’une certaine façon, le fragmentent jusqu’à créer une nouvelle forme, quasiment inhumaine. « Picturalement, on n’est ni dans une logique du corps ignoble, ni dans les retrouvailles avec la noblesse du corps. On est ailleurs : dans un corps qui n’est pas encore humain, mais infrahumain, dans le laps de temps où il réussit à se débarrasser de la saturation de signes qui le constituent. Il n’y a pas de corps humain en dehors de cette saturation de signes ; il s’agit de les faire disparaître sans faire disparaître le corps. […] Le corps déconnoté, le corps sans signifiance, surgit, débarrassé des signes et des thématiques. » À travers son œuvre, Goldring interroge l’image du corps et engage une réflexion sur l’histoire de sa représentation (corps parfait glorifié par les nazis, corps des camps, des tranchées, d’Hiroshima…). Il s’agit pour lui d’observer ces corps et de déconstruire par l’image les codes de représentation : « Chaque image représente un corps (nu) en mouvement, dans une absence d’espace. La posture, les mouvements, l’absence d’intention, font que les connotations et significations d’un corps humain s’estompent : chaque image est comme une démonstration que déconstruisent les représentations globales de la figure humaine en rendant indécises les identités imposées. Aussi bien les identités des grands partages ethniques et sexuels que les identités de l’anatomie qui, de Vésale à Charcot, n’arrivent à faire le deuil d’une régence de l’œil. Les 24 images se répondent pour faire preuve que l’hypothèse récurrente de l’épuisement de la représentation ne tient pas ; qu’on ne sait pas encore ce que peut le corps et ce que le regard a encore à y voir ; preuve aussi que si le corps se forme, il peut se dissoudre dans l’informe pour s’informer à nouveau, et que l’excarnation n’a pas de fin. Au rebours de l’entreprise de Muybridge et Bertillon, une petite anatomie de l’image qui retrouve ce que l’œuvre des peintres permet de constater : ils ont vu (ils font voir) ce que d’ordinaire, on assigne au style. » Les modèles avec lesquels Goldring développe ses travaux plastiques sont des danseurs-chorégraphes. Néanmoins, l’approche du corps que propose l’artiste se situe à l’opposé de l’image qu’en donne la danse traditionnelle. Elle s’inscrit dans une nouvelle dynamique de la danse contemporaine, non formatée, désignant des corps jusque-là refoulés, censurés[ii]. Laurent Goldring a collaboré à la création de spectacles chorégraphiques avec plusieurs des danseurs-chorégraphes qui ont posé pour ses installations : Xavier Le Roy dans Blut et Boredom, Ectoderme et Self-Unfinished (1996-1998), Benoît Lachambre dans l’Âne et la Bouche (1997) et rrr… (reading readings reading) (2001) avec Saskia Hölbling, ainsi que Maria-Donata d’Urso dans Pezzo 0 (due) (2002). Dans la danse comme dans ses œuvres, il pose la question du corps avant de poser celle du mouvement. La chorégraphe Maria Donata d’Urso explique à propos de son travail avec Laurent Goldring que « le corps ne dessine pas des trajectoires dans l’espace, mais devient lui-même le lieu de relation ou de déstructuration des formes et des mouvements, lieu de découverte des différents chemins à suivre ou à s’y attarder. »
Emilie Benoit (Entretien avec Laurent Goldring, 19 avril 2012, Centre Pompidou, Paris.)
Production : Goldring – Productions.
Coproduction : La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, Drac Île-de-France, Pôle Sud – CDCN Strasbourg.
Avec le soutien de : La Briqueterie – CDCN du Val-de-Marne, Art Danse – CDCN Dijon Bourgogne, Atelier de Paris/CDCN, Centre Pompidou, CCN Ballet de l’Opéra national du Rhin dans le cadre du dispositif Accueil Studio 2019.