Maison du peuple

De la coopérative à l’association

De la coopérative à l’association…


La Maison du Peuple fut inaugurée en septembre 1910.
Elle constituait, pour les militants coopérateurs, mutualistes, syndicalistes et socialistes locaux, l’étape essentielle de l’affirmation d’une forme originale de coopération : suppression totale et « irrévocable » de la répartition individuelle des bénéfices au profit du développement de caisses de solidarité (maladie, chômage, retraite) et du mécénat culturel et sportif.
Inspirée du modèle social et du concept architectural né dans le mouvement ouvrier belge à Gand et à Bruxelles, la Maison du Peuple abritait toutes les organisations ouvrières jurassiennes. D’abord siège d’une coopérative d’alimentation, La Fraternelle (bureaux, entrepôts et ateliers divers), la «cathédrale des temps nouveaux» (Maurice Bouchor) hébergeait aussi les syndicats, les mutuelles et de vastes espaces dévolus à la culture, à la «promotion socio-éducative de l’individu» (théâtre-salle des fêtes, salle de musique, bibliothèque, gymnase, etc.).

Les sociétaires de La Fraternelle furent très actifs dans la création de la Pharmacie mutualiste en 1908 devenue cent ans après Amellis mutuelles.
Dès 1942, plusieurs sociétaires de La Fraternelle entrent activement en Résistance en imprimant journaux et tracts clandestins, en alimentant les réfractaires au STO, en organisant une partie des maquis du Haut-Jura et de l’Ain.
Entre 1975 et 1985, la plupart des coopératives de consommation et de production ferment leurs portes. En 1984, les administrateurs des Coopérateurs du Jura acculés à la fusion, fondèrent une association, lui cédèrent la propriété de la Maison du Peuple et lui conférèrent statutairement de « perpétuer le souvenir de l’action » (la mémoire) et d’«assurer la pérennité et la continuation» de cette action, surtout dans le domaine de l’«éducation populaire»(l’action culturelle).
Dès 1986, une nouvelle génération intègre peu à peu l’association pour développer de nouvelles activités culturelles. La Maison du peuple et une partie de son mobilier sont inscrits à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1993.