Maison du peuple

Histoire d’une aventure humaine

Coopérative La Fraternelle
La Maison du Peuple

Issue d’un cercle ouvrier, créé à Saint-Claude à la fin des années 1870 puis transformé en coopérative d’alimentation en 1881, La Fraternelle se distingue radicalement des autres coopératives par ses statuts de 1899, en grande partie dus au socialiste Henri Ponard.

Ceux-ci prévoient que les bénéfices seront intégralement reversés à une caisse sociale permettant la mise en place de services de prévoyance, de secours, de retraite et d’entraide avec les autres coopératives. « L’Ecole de Saint-Claude », qui s’affirme alors, s’oppose en cela à « l’Ecole de Nîmes », prévoyant la répartition des bénéfices entre les sociétaires.

C’est toute une philosophie, une culture sociale, politique et syndicale qui se met en place. Et quoi de mieux que de réunir les différentes activités sous un même toit ?

 

A l’image des Maisons du Peuple belges, « les vooruit », les coopérateurs sanclaudiens achètent au coeur de la cité une bâtisse pour accueillir dans un premier temps les boutiques et les foudres de vin (la coopérative a en effet débuté avec la négoce du vin).

En 1899, la décision est prise d’agrandir les locaux. Il faut bâtir pour le socialisme de demain. C’est ce que Jaurès déclare lors de l’inauguration de la Maison du peuple en septembre 1910.

La Frat, comme on l’appelle alors familièrement, abrite sur 4000 m2 :
– une épicerie
– une boucherie
– une charcuterie
– des fours
– des caves à vin et à fromage
– une bourse du travail

Foyer économique, elle est aussi un foyer éducatif avec un théâtre, un cinéma, une bibliothèque et une université populaire. Elle accueille la seule salle de sport de la ville et la création de la première pouponnière fait chuter le taux de mortalité infantile. Grâce à son imprimerie elle édite un journal, Le Jura socialiste, diffusé dans toute la région et elle héberge le siège du parti socialiste local.

La Maison du Peuple connaîtra un remarquable essor économique jusqu’à la seconde guerre mondiale. En 42, en résistance contre les allemands, elle ravitaille les habitants et les maquisards, ce qui vaudra à plusieurs dizaines de ses membres d’être déportés.

Dans les années 80, La Fraternelle cesse ses activités. Ses administrateurs fondent une association (« La fraternelle ») et lui confie la Maison du Peuple.


> Visites guidées de la Maison du Peuple, les mardi et jeudi à 15h en période de vacances scolaires (toutes zones) & sur demande toute l’année  +